Mardi 21 juin 2 21 /06 /Juin 07:42

 

Thème :

     Approche comparative entre la philosophie moderne et la philosophie contemporaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plan

 

 

Introduction

Développement

   I. Présentation de la philosophie moderne

I.1 Origine de la modernité

            I.2 Définition, objet et méthode de la philosophie moderne 

I.3 Les caractéristiques de la modernité

I.4 L’apport et la conception de certains philosophes à la philosophie moderne

I.5 La faiblesse de la modernité 

   II. Présentation de la philosophie contemporaine

II.1 Origine de la contemporanéité 

II.2 Définition, objet et méthode de la philosophie contemporaine  

II.3 Les caractéristiques de la contemporanéité

II.4 L’apport et la conception de certains philosophes à la philosophie contemporaine  

   III. Analyse et commentaire

Conclusion

Bibliographie

 

 

 

 

 

 

Introduction

L’explication du réel, le problème de la vérité, ne cessent de plonger l’homme de tous les temps dans une réflexion permanente, un questionnement incessant. D’où surgit la philosophie qui est la capacité que possède l’être humain à expliquer les phénomènes de la nature et rend l’esprit apte à développer la science et la technique. Il est vraisemblable, en effet, que l’antiquité grecque qui est la pionnière comme contexte d’apparition de la philosophie. Toutefois, c’était une époque pré-philosophique. Mais, la philosophie atteint son apogée et digne d’être appelée ainsi au Vème Siècle av J.C avec des grands hommes qui si connaissent dans l’ambiance intellectuelle, habiles à argumenter: «Les sophistes». Lesquels ont su mettre en évidence  le pouvoir du dialecte. Au fur et à mesure, la philosophie s’évolue dans les âges en subissant une poussée vertigineuse qui débouchera sur les grandes époques de notre temps telles: la  modernité et la contemporanéité, lesquelles feront l’objet de notre débat. Par ailleurs, l’apparition de ces époques n’était pas une sorte de résurgence, mais il y a toute une pléiade de siècles qui leur précèdent.

Néanmoins, nous tenons compte de celle qui prépare la modernité plus précisément la renaissance qui est marquée par la rupture très nette entre la science et la synthèse scolastique, et qui en  somme, est un mouvement d’humaniste qui prône le retour à l’antiquité. La décadence de l’époque précédente favorise  le surgissement de la maturité de l’époque moderne au XVIIIème siècle qui se synthétise en la remise en question de la chrétienté, de la religion. Elle était dominée par trois axes majeurs : la raison, l’homme et la liberté. C’était  une époque du logocentrisme  où la raison a acquis la prééminence dans la destinée de l’homme. Par la suite, le déclin de l’époque précédente engendrait l’aube de notre ère qu’est la contemporanéité mettant en question la raison dont la modernité a fait un usage excessif.

Ainsi, la philosophie contemporaine nous aide à comprendre l’homme sur plusieurs facettes. Cette époque nous aide aussi à intérioriser notre subconscient déchiré par les effets de la science et de la technique. Cet ainsi que l’homme se trouve dans le désarroi, dans le  regret, dans un état d’insécurité et se voue à l’échec. Il se trouve conscient aussi qu’il est jeté  dans un monde qu’il n’a pas choisi, qu’il n’a pas voulu. Par conséquent, dans le but de faire ressortir les grandes thématiques, les points de convergences et de divergences  qui découlent des deux époques, une interrogation nous est posée  de la sorte: faites une approche comparative entre la philosophie moderne et la philosophie contemporaine. Une étude approfondie entre la modernité et la contemporanéité nous permettra, dans une confrontation d’idées, à déceler la ressemblance et la différence ainsi que le fil rouge qui caractérise chacune de ces époques.

 

 

 

Développement

I. Présentation de la philosophie moderne

I.1 Origine de la modernité

Dans l’histoire de la pensée tout au moins de la philosophie, nous constatons que le désir de tout philosophe est de construire un système de pensées  qui puisse tenir l’admiration de tous dans l’unanimité. Mais tel n’a jamais été le cas, puisque non seulement aucun philosophe ne peut prétendre tout dire, mais aussi et surtout parce qu’après lui viendront d’autres philosophes, d’autres périodes et d’autres systèmes de pensées. Ainsi, comme l’époque médiévale a pris le dessus sur la période antique; comme la renaissance a remis en cause l’héritage médiéval; la modernité de son côté allait constituer une correction des périodes susmentionnées et marquée par ses termes propres. Autrement dit, elle a connu un élan philosophique particulier avec la perspicacité cognitive de la pensée cartésienne. Au fait, qu’en est- il?

     Tout d’abord, après l’effondrement du cosmos des anciens et la remise en cause inouïe des autorités religieuses, le monde philosophique moderne allait écrire une nouvelle page de son histoire. En effet, il s’agit d’une constatation articulée au tour de deux axes: le mouvement scientifique et la réflexion théologique. Dans le premier cas, la science remet en question la position de l’Église, laquelle avait imprudemment arrêté sur des sujets auxquels elle aurait mieux fait de ne pas toucher. On peut penser par exemple à l’âge de la terre et sa position eu égard au soleil. Dans le second, les gens ont accordé une importance accrue aux enseignements de l’Église et cultivent un profond sentiment de respect à l’endroit de ses autorités. Par contre, la grandeur de la philosophie moderne est à la hauteur de tous ces défis. Commençons par  les énumérer:

Cogito ergo sum, «je pense donc je suis» cette formule célèbre de Descartes a inauguré une nouvelle époque dans l’histoire de la pensée. Avec elle la subjectivité était devenue  la reine de toutes réflexions philosophiques. En d’autres mots, il s’agit d’un nouveau principe qui ne peut être plus ni le cosmos voire la divinité, mais le sujet. A son sens, ce nouveau principe représente un formidable moyen de reconstruire à nouveaux frais  tout l’édifice de la pensée philosophique. Donc il s’agit d’un doute systématique qui lui fait adopter une attitude de scepticisme total le conduisant à ne tenir absolument plus rien pour certain. D’un côté, cette formule de Descartes  a permis à l’homme de déduire la certitude de son existence. D’où sa formule «je pense donc je suis». D’un autre, elle est à la base d’une subjectivité ou le sujet humain devient le fondement de toutes pensées comme de tout projet philosophique. Mais pour aller droit à l’essentiel, il est important de définir la philosophie moderne en précisant son objet et sa méthode.

 

 

I.2 Définition, objet et méthode de la philosophie moderne   

Modernité:

C’est une manifestation dans l’ordre spéculatif de l’esprit révolutionnaire par lequel la société rejetait  la direction de la foi, de l’Église et de Dieu. En outre, la philosophie moderne est un grand mouvement de pensée qui, de Descartes à Heidegger en passant par Kant, se caractérise  par le désir, non pas de répéter le savoir hérité des penseurs du passé, mais de juger les choses par soi-même d’une façon libre et personnelle afin de connaitre le monde et de diriger sa vie. En effet, les esprits modernes sont des esprits en quête de nouveauté[1], et qui dit nouveauté dit création, mouvement, dynamisme. Pour cela, toutes ces perspectives la nous poussent à dire quel est l’objet de la modernité?

L’objet et la méthode de la modernité:

Pour comprendre la modernité, il est nécessaire de ne pas perdre de vue quelques axes fondamentaux de son histoire. Ceci dit, que l’objet de la modernité s’articule autour de l’apparition des notions d’homme, de raison et de liberté à la suite de grandes mutations[2]. Elle est sans nul doute aux antipodes de l’antiquité qui était beaucoup plus contemplative. Cependant, avec l’apparition du monde moderne et son apport, cette conception va changer. Il importe plutôt de transformer et non de contempler. Par là, en incitant l’homme à agir, la renaissance a favorisé l’avènement de la raison moderne. Donc, avec la modernité cette notion de raison s’approfondit. Cherchant un fondement sûr afin de connaitre, Descartes le découvre dans sa conscience avec la faneuse formule «cogito ergo sum». L’homme, selon Descartes, est assuré de pouvoir connaitre «car on connait quand on peut s’assurer personnellement des choses»[3]. La liberté affirmée par la modernité consiste avant tout dans cet élan qui va triompher la grandeur d’âme de ce siècle. Mais c’est aussi un travail en profondeur sur l’homme afin d’épanouir ses potentialités et de le faire ainsi accéder à la vérité qui est en lui. Aussi son cheminement passe-t-il par des découvertes, un dynamisme et une liberté sans précédent. Ce qui implique que l’homme est capable de penser par soi-même selon Descartes en faisant l’expérience du sujet pensant.

 En effet, le doute cartésien est un moyen qu’applique sciemment le penseur en vue d’atteindre la vérité. Il est aussi générateur d’une vérité première et indubitable sur laquelle reposent toutes les autres: Celle de l’existence du sujet qui doute. Donc, pour douter il faut d’abord exister. En somme dans la pensée de Descartes, ce principe n’est pas un raisonnement qui supposerait une vérité déjà connue. C’est plutôt, l’intuition immédiate d’un fait. Telle est la méthode sur laquelle fonde la philosophie moderne et c’est dans cette perspective que Descartes est le Père de la modernité.

I.3 Les caractéristiques de la modernité

La modernité  que l’on appelle aussi  la pensée moderne est avant tout l’avènement d’une nouvelle manière de penser, d’appréhender l’homme (le microcosme) et la place qu’il occupe dans le macrocosme. Plusieurs fois en opposition avec les autorités du passé et la tradition, la pensée moderne se caractérise par l’ouverture du nouveau, la construction d’une nouvelle hiérarchie des valeurs, l’élaboration d’une conscience et d’une pensée trouvant en elle-même sa fondation. La pensée moderne accorde donc à la raison le pouvoir de se rendre le réel intelligible en l’observant, le pensant, le nommant et le théorisant de principes rationnels clairement définis.

Le pouvoir de la foi sur la raison humaine fait surgir, sur le plan philosophique et esthétique, la querelle des anciens et des modernes représentées par Descartes. En plus, la modernité désigne à la fois une époque,  une civilisation et une conception de l’humanité indissociable de la culture et de la philosophie Européenne. 

«La notion aussi floue escroque soit-elle renvoie en tout cas à l’Europe des temps moderne c’est-à-dire à la civilisation et à l’histoire de cette région du monde qui n’est pas seulement une espace géographique, mais également une configuration morale et spirituelle, depuis la renaissance jusqu’au monde contemporain»[4].

Au delà des divergences obstinément possibles dans les proches sur tel sujet, on peut relever un certain nombre de traits caractéristiques que tout le monde retient. La modernité commence au XVI siècle en Europe avec le protestantisme, l’événement des sciences expérimentales et les grandes découvertes. Puis, elle culmine au siècle des lumières. Rationalisme, positivisme et optimisme sont sur le plan philosophique, les traits les plus significatifs. L’ancrage de la modernité en Europe concerne tous les continents. En tant que phénomène de civilisation, la modernité engage quatre grandes révolutions, tant théorique que pratique. Il s’agit en premier lieu, de la conquête par l’homme moderne par son autonomie et de la volonté de maîtrise technique du monde. En deuxième lieu, l’homme moderne vide le monde de son mystère, il le désenchante et s’efforce de s’approprier les qualités des dieux du passe, à savoir l’omniscience et la puissance. Le troisième trait est la différentiation des institutions ainsi que la dissociation des différentes dimensions individuelles et collectives: c’est ce qu’on appel la sécularisation ou la laïcisation de la société. Enfin, la modernité bat son plein dans les idéaux de l’humanisme occidental développés par les Lumières. Tous ceux-ci caractérisent à tous les niveaux la modernité.

 

I.4 L’apport et la conception de certains philosophes à la philosophie moderne

Le XVème et le XVIème siècle caractérisent l’époque moderne d’où on avait assisté au progrès radical de l’interprétation mécaniste de l’univers et la foi en l’homme comme réalité ultime. À ce titre, la figure de Kant revêt d’une signification tout à fait exceptionnelle surtout quand il s’agit de la période moderne. Une période dit-on qui a été marquée  par les touches gigantesques de Kant en ce qui concerne la promotion théologique dans un univers intellectuel tout aussi porté à confusion  par la montée fulgurante des conceptions philosophiques athées. À ce point nommé, il a fait rehausser avec justesse cette époque comme étant un savoir-être, un savoir-faire et un savoir-vivre. Donc, pour lui, l’homme doit reconnaitre l’existence de Dieu à travers tous ses actes. Il a bien fait luire cette  hypothèse au creuset de son chef d’œuvre  à savoir «Critique de la raison pure». À son sens, l’homme ne peut pas atteindre  le paroxysme de son existence sans paver la voie théologique. Car, la raison seule est impuissante pour percer les valeurs mystérieuses de la vie humaine. F. Nietzsche de son côté, conçoit l’ère moderne de la philosophie comme étant l’âge du lion. Pour lui, la raison est un élément indispensable à la vie humaine. Il s’est accroché l’idée pour dire que l’homme est un être d’émotion, de passion et de sentiment.

D’après Nietzsche, nul ne peut pas vivre  convenablement dans l’univers sans emprunter le chemin rationnel. Donc, il a fait briller avec éclat la raison comme élément majeur pouvant contribuer à l’expansion de la vie de l’homme moderne. Et, René Descartes par son sens gnoséologique, logique, mathématique est considéré comme une figure  emblématique de la période moderne, une époque marquée par la révolution. Empreinte d’humanisme, elle a fait de la raison l’instrument le plus efficace et le plus fiable en matière de connaissance. Tout est passé au crible de la raison; la rationalité  constitue en ce sens  le pivot de toutes réflexions. Selon la fameuse formule de Descartes, la connaissance scientifique va permettre à l’homme de se rendre enfin «comme maitre et possesseur de la nature», parce qu’il n’est pas tout à fait semblable à Dieu, mais presque.

En ruminant la pensée cartésienne, il est à notre guise de souligner que la raison a été poussée jusqu'à son sommet, surtout avec le classicisme qui a annoncé la foi dans l’épanouissement scientifique et qui a demandé à l’homme de sortir de sa classe mineure en ayant le courage de servir de son propre entendement sans être dirigé par un autre.

Bref, les philosophes modernes croyaient que par leur faculté  cognitive, l’homme est appelé à combattre les jugements téméraires (préjugés) et les superstitions. À cette enceinte, la marquise de Lambert  écrit en 1915; a apporté  une allure primordiale dans la construction de la modernité en disant ceci: «Philosopher c’est rendre à la raison toute sa dignité et à la faire rentrer dans ses droites. C’est secouer le joug de la tradition de l’autorité». C’est dans ce contexte que surgit la pensée contemporaine, à partir des différents courants philosophiques nés de la modernité.

 

I.5 La faiblesse de la modernité

La modernité est un courant de pensée manifestant d’un aspect personnel et libre. Pour cela, la pensée moderne est rebelle aux préjugés, aux habitudes et au conformiste qui empêchent d’accéder à une sagesse vivante et créatrice. Les Grecs, principalement avec Platon, avaient su montrer au monde que la raison consiste dans un sens du rapport à soi et à l’univers grâce au sens de la mesure et de la proportion en toutes choses. Donc, il faut dire qu’au cours de l’époque moderne, plus que toutes les autres, c’est la raison qui est l’avant-garde de toute démarche philosophique. La rigueur et la précision dans la matière  de penser et le caractère subtil des jugements et des raisonnements laissent une marque ineffaçable dans le cheminement de la pensée. Toute la structure de la pensée moderne est charpentée par la raison. Sans elle, tout l’effort humain pour expliquer la réalité ne tient pas debout.

En fait, avec la raison, la modernité est considérée comme une période de sensation intense causée par le développement exponentiel des technologies. On peut produire plus vite, on peut se déplacer plus rapidement. L’avenir s’annonce à merveille. Tous les espoirs sont permis. Néanmoins, avec la deuxième guerre mondiale et la bombe nucléaire, on voit que l’avancement technologique peut être dangereux. C’est la désillusion; le désespoir presque. Le progrès est discrédité, ce qui est rationnel n’est pas humaniste. C’est là que naît l’homme postmoderne: craintif, sceptique, dépaysé et hésitant. Il a peur de se tromper, ce qui le mène parfois à l’inaction. À cet égard, l’homme postmoderne reproche la modernité parce qu’elle  prévalait trop la raison et négligeait les autres dimensions de l’homme.  En outre, les philosophes modernes rejettent catégoriquement la transcendance, la métaphysique pour donner le primat à la raison. Tout cela empêche la modernité de tenir le flambeau; car, l’homme n’est pas seulement un être de raison.

La philosophie contemporaine qui est une tranche d’âge dans l’histoire de la philosophie, met à l’écart toute la construction de la rationalité. En fait, de cette philosophie, se dégage une remise en question de la raison construite par l’époque moderne. Donc, ayant considéré la raison et négligeant les dimensions telles que: la foi, les passions, les sentiments, l’émotion et l’effectivité de l’être humain au cours de l’époque moderne. Voilà ce qui a causé la chute de la modernité, pour faire place à l’époque contemporaine.

 

II. Présentation de la philosophie contemporaine

II.1 Origine de la contemporanéité 

Souvent, la naissance d’une époque est due à la faiblesse de l’époque qui vient tout juste avant lui. Pourtant, la philosophie contemporaine prend sa source de toutes les périodes philosophiques qui la précède pour la simple et bonne raison qu’elle tient compte de tous les aspects de l’homme. Par conséquent, s’il n’y avait pas de périodes philosophiques précédentes à la philosophie contemporaine, comme la philosophie moderne par exemple, on ne saurait parler de contemporanéité. 

En effet, chaque époque constitue sa source et son fondement propres. Vue la nécessité et les inconvénients du temps, les philosophes ont partagés leur avis et ils ont donné naissance à une époque qui fait l’actualité; laquelle a donné naissance à divers courants philosophiques, tels que: l’idéalisme allemand avec les philosophes comme Schopenhauer et  Nietzsche, le positivisme avec Auguste Comte, le nihilisme encore avec Nietzche etc.,  D’où l’époque contemporaine et son origine. En fait, Comme toute autre période philosophique, celle-ci est autonome et légitime. Voyons comment on la définit et quelle serait son objet et sa méthode. 

 

II.2 Définition, objet et méthode de la philosophie contemporaine

La philosophie contemporaine est une période qui tire sa naissance à partir de la critique de l’humanisme moderne. Et, à travers cette critique, elle avait rompu avec les grandes cosmologies de l’antiquité et  elle avait porté un jugement sur la religion. À partir de la critique portée sur la philosophie moderne, la philosophie contemporaine attaque directement les deux  points les plus dominants de cette période qui sont: d’abord, la conviction selon laquelle l’être humain serait le centre du monde; ensuite, la conviction qui tient que la raison est une formidable puissance, capable de conduire l’esprit humain à la vérité. Donc, la philosophie contemporaine juge que la raison ne doit pas être le centre de la réflexion de l’homme parce qu’il y a  des sentiments, des passions qui habitent l’homme dans sa recherche. Dans cette perspective, la philosophie contemporaine se fixe un objet bien déterminé.

         Il faut souligner que le fondement de cette période se trouve dans la relation qu’elle a avec le passé qui n’est pas figurée que dans le présent. De ce fait, son objet est de reprendre tout ce qui semblait intéressant dans la philosophie moderne pour la débarrasser de tout ce qui lui parait comme des gangues. Ainsi, cette période voulait déconstruire les idées erronées de l’humanisme classique tout en adoptant un principe d’analyse de tous les pressentiments qui font l’objet des croyances traditionnelles. En ce sens, cette période, en vue d’atteindre son objectif à une manière  de se porter à la  compréhension des choses.

      La philosophie contemporaine, pour parvenir au point culminant de sa recherche, se met, avant  toute chose, à se méfier des évidences premières de la philosophie moderne pour apporter un jugement allant au gré de la façon dont elle conçoit les choses. Elle instaure avec le passé une certaine relation particulière. Ainsi, cette période réactualise le passé tout en revitalisant ce qu’elle avait d’abord déclaré mort, c’est pourquoi, la philosophie contemporaine perçoit dans les choses les plus modernes, les indices de l’archaïsme. Toutefois la subjectivité qu’a prônée le cartésianisme peut ne pas être sans effets. Car si tout va de soi, il faut se demander si par le fait même on ne court pas le risque de mettre en orbite un relativisme ou du moins, un nihilisme permettant à la modernité de tomber dans  son propre piège. Maintenant, voyons ce qui caractérise la période contemporaine.

 

II.3 Les caractéristiques de la contemporanéité

La philosophie contemporaine qu’on appelle couramment «postmodernes» se focalise sur toutes les facettes de l’homme. Les postmodernes vont s’en prendre aux deux convictions les plus fortes qui animaient à la fois critique de l’humanisme et critique du rationalisme. L’esprit critique est comme un acide qui continue de ronger les matériaux qu’il a touché même lorsqu’on tente de l’arrêter en y jetant de l’eau. La raison et les idéaux humanistes vont en être pour leur frais, de sorte que le monde intellectuel par eux édifié va finalement être victime des principes même sur lesquels il reposait. À cet aveu, le but de la philosophie contemporaine est désormais de déconstruire les illusions dont s’est bercé l’humanisme classique. Nietzsche de son côté fait place nette à des pensées neuves, radicales, qui vont bel et bien constituer quoique en un sens inédit une theoria, une praxis et même une pensée du salut d’un nouveau genre.

La philosophie contemporaine met en question toutes les facettes de l’homme, par le biais de la raison, on essaie de comprendre l’homme non seulement par la manière sociologique mais aussi psychologique, «l’homme est toujours contre la raison quand celle-ci est contre lui» selon la pensée de Helvétius. C’est à ce juste titre qu’il faudrait analyser des illusions que produisent la sensibilité, le jugement, l’imagination. Etant donné que le contemporain est celui qui cherche les tenants et les aboutissants du présent en vue de porter l’attention à l’anachronisme mais cela n’empêche pas qu’il adhère une conception de l’obscurité qu’est l’activité, une capacité particulière qui reviennent à neutraliser les lumières dont rayonnent l’époque ou le temps. Comme dit Giorgio Agamben «tous les temps sont obscurs pour ceux qui en quoi éprouve la contemporanéité». Pour lui, le contemporain est en mesure d’écrire en trempant sa plume dans les ténèbres du présent. Par une relation singulière qui remonte à l’archè de sa dialectique dépendamment des caractéristiques de la contemporanéité pour en citer que cela:

-          L’obscurité est l’affaire qui regarde tout homme que le contemporain doit aussi interpeller sans cesse.

-          Il doit par la suite recevoir en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps tout en prenant à cœur le courage d’interroger par dessus de s’interroger soi-même.

-          La contemporanéité opère un travail de l’irrationalité sans détruire le rationnel. À cet égard, la raison n’est plus une idole, à chacun sa vérité bien qu’elle est subjective dans l’importance de l’expérience personnelle, la dénaturation du langage, le concept d’interdisciplinarité qui est entré en vigueur et la multiplication des choix. En se référant de la pensée nietzschéenne qui se situe à l’actualité vis-vis du présent tout en faisant parti de mon temps. Je m’en éloigne c’est ce qui définit le vrai contemporain qui ne se coïncide pas parfaitement avec son temps. Malgré qu’il ait une certaine désespérance dans la modernité qui n’a pas réalisé le progrès qu’elle y est pensée, la contemporanéité s’infiltre dans la prééminence de l’instant présent. Voyons maintenant la conception de certains philosophes à propos de ce temps.

 

II.4 L’apport et la conception de certains philosophes à la philosophie contemporaine

     La  période contemporaine est celle qui, dans la théorie de la pensée, englobe à la fois la renaissance et la philosophie moderne. Les grands esprits qui ont terrorisé cette période novatrice n’ont pas été le plus souvent sur la même longueur d’onde. Certains ont fait usage de la rationalité; tandis que d’autres, l’irrationalité. D’où la philosophie postmoderne va contester ces deux postulats. Elle sera donc tout à la fois critique de l’humanisme. Sans aucun doute c’est chez Nietzsche, Schelling, Marx, Hegel qu’elle va atteindre son sommet.

Il est en tout point vrai de dire que, la philosophie contemporaine est celle qui ouvre l’esprit humain à l’âge de la transformation. Nietzsche, L’un des protagonistes de cette période postule la suprématie de l’instinct naturel sur l’intelligence de la raison. Par ailleurs, il identifie en effet la relation entre naturalisme et extraporanéité, ensuite, il en conteste la réalité transcendantale sous un angle transcendantal. De cela, il découle qu’il s’approprie la conception synthétique de la contemporanéité.

En effet, la période contemporaine ne tient compte pas  seulement  de l’obscurité du présent, mais aussi de la morde car, la mode nous actualise et nous dirige vers le futur. La philosophie contemporaine s’est appuyée sur la relativité pour mettre en question la modernité en opérant un travail de destruction de la raison. Contrairement à la philosophie postmoderne qui privilégie l’irrationalité. C’est à juste raison que Nietzsche prend la responsabilité de penser par lui-même en dehors des voies rationnelle. Que peut-on en dire de Hegel?

Aux yeux de Marx, Hegel est le premier philosophe, car il résume la totalité des systèmes du passe et il conduit la philosophie a son point de perfection. Après, lui ce qui reste à faire, ce n’est pas de continuer un nouveau système c’est de «dépasser» la philosophie. En effet, dans le vocabulaire hégélien, dépasser signifie à la fois supprimer et conserver. Dépasser la spéculation ce sera donc la «réaliser» par l’action. Telle est donc l’intention profonde de Marx. C’est peut-être ce qui exprime la célèbre thèse XI sur Feuerbach: «Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de divers manières ; ce qui importe c’est le transformer». Nous saisissons à ce point, que le matérialisme est essentiellement un refus de l’idéalisme hégélien, le grand mérite de Feuerbach, dit encore Hegel, est d’avoir remis le  système de Hegel sur ses pieds alors qu’il marchait sur la terre. Donc Marx n’est pas le premier ni le seul à soutenir le matérialisme, il se trouve comme presseur  Bacon, Hobbes, Locke et les philosophes du XVIII siècle.

 

III. Analyse et commentaire

Avec l’essor de la philosophie comme science qui se veut une réflexion profonde sur le monde, sur l’homme et sur Dieu, différents courants philosophiques ont immergé au cours des siècles en vue d’apporter une explication aux choses dans la nature. Chacune de ces périodes est marquée de très grandes préoccupations. Par exemple la  période moderne dominée en grande partie par le rationalisme introduit par Descartes. De nouvelles données de pensées font surface, permettant à certains penseurs de jeter de nouvelles idées pouvant contribuer à la genèse d’une nouvelle époque communément appelée, époque contemporaine, dominée par l’irrationalité sans rejeter pour autant le rationnel. Dans cette perspective l’irrationalité est le point dominant de l’époque contemporaine. Donc, entre la modernité et la contemporanéité il y a toute une distinction, parce que chacune à sa spécificité, autrement dit chacune à sa raison d’être. En effet, après avoir étudié chacune de ces périodes séparément, il est nécessaire de les analyser et de les commenter, ensuite  faire une approche comparative entre elles  afin de mieux les comprendre. Maintenant jetons un regard sur l’époque moderne.

La philosophie moderne succède à la renaissance. Elle est marquée par un bouillonnement de systèmes, de tendances de doctrines cohabitant le plus souvent dans la confusion et l’incohérence. Toutefois, elle trouve autour d’un dominateur commun qui est celui de la contestation de la philosophie scolastique et de l’institution de l’Eglise. En effet, l’époque moderne est considérée comme la période ou  la raison atteint son plus au degré. C’est dans cette dernière que la pensée moderne va trouver les nouveaux fondements métaphysiques qu’elle cherche. Cela signifie qu’on attribue à la subjectivité un rôle fondamental dans le processus dans la connaissance,  autrement dit au cours de cette période la vérité ne correspond plus ni à une révélation divine ou mystique ni à une croyance très ancienne. Est vérité, ce qui peut faire l’objet d’un examen critique par la raison, par suite d’une démonstration rationnelle. Est vrai ce qui est rationnel et en dehors de la raison point de réflexion. Avec la pensée moderne toute vérité doit passer au scribe de la raison, car cette période n’accepte que les explications qui sont rationnelles. Les philosophes de l’Europe occidentale comme Descartes, Leibniz, Hegel et Spinoza affirment que la connaissance proviendrait de l’utilisation de la seule raison. Dans cette ambiance Leibniz dit ceci: «le monde étant construit rationnellement, la raison peut découvrir ses secrets».  Hegel a voulu montré la valeur ainsi en disant: «Tout ce qui est rationnel est réel et tout ce qui est réel est rationnel». À cet égard, nous pouvons dire que le XVII siècle est celui de l’essor de la raison.

 Par contre la philosophie contemporaine, bien qu’elle soit une expression pour designer les différents courants de penser de la modernité, prendre le contre-pied  de cette dernière en démontrant les limites de la raison. Celle-ci ne peut pas être prise comme seule source de connaissance puisque l’homme porte en lui des sentiments des passions, des émotions et ces notions peuvent être aussi des sources de réflexion. Cette crise de la raison va ouvrir la porte, au début de cette période, à diverses démarches qui veulent renouveler la pensée. Il faut mentionner  qu’en soulignant les limites de la raison, la philosophie contemporaine ne veut en aucun cas dépouiller l’homme de cette capacité qui le diffère de l’animal. L’homme contemporain fait usage de sa raison dans le cadre de la réflexion. Toutefois, il veut seulement qu’au delà de la simple raison, l’homme puisse connaître. Car il est aussi passion, sentiment, foi et émotion. L’irrationalité  peut aussi être considérée comme source de réflexion permettant   à l’homme d’avancer vers la vérité. C’est en ce sens que la philosophie contemporaine se diffère de la philosophie moderne qui était une philosophie systématique, c'est-à-dire une philosophie qui ordonne tout, encadre tout et qui spécifie tout par le moyen de la seule raison. L’homme contemporain est celui qui marche avec son temps en faisant usage non seulement de la raison, mais aussi de sa foi, de ses sentiments, de ses émotions et de ses passions.

D’après tout ce que nous venons de dire, nous pouvons affirmer que la philosophie contemporaine embrasse l’homme dans toute sa dimension tout en démarquant un peu de la philosophie moderne. Elle ne la rejette pas, mais elle a tout simplement remis en question la rationalité, parce que la modernité était définie comme époque de l’intelligence. Si pour cette dernière, la raison était considérée comme l’épine dorsale de toute réflexion philosophique et qui en dehors de celle-ci l’homme ne pouvait rien connaître, avec la philosophie contemporaine, nous voyons que l’homme en dehors de la raison peut arriver à la connaissance des choses avec sa dimension irrationnelle.

En effet, loin de rejeter la philosophie moderne, la philosophie contemporaine la complète, car l’homme contemporain sert aussi de raison. Cette remise en cause de la raison nous permet de voir seulement que la réflexion de l’homme n’est pas limitée par la seule raison. Car, l’irrationnel est aussi source de réflexion. Ainsi la réalité de la pensée ne se réduit pas à l’intérieur de la raison, mais elle la déborde pour atteindre l’irrationalité devenue dorénavant source de réflexion philosophique.

 

 

 

Conclusion

Arrivé au terme de notre réflexion, il importe de dire que l’objectif de notre travail a été de faire une approche comparative entre la philosophie moderne et la philosophie contemporaine. À cet égard, on a découvert qu’il y a parmi ces deux philosophies des points de convergence et des points de divergence. En fait, la philosophie moderne  a réduit l’homme sous une seule facette, celle de la raison; comme quoi c’est celle-ci qui gouverne tout. Cette philosophie est dominée par le criticisme. Alors que la philosophie contemporaine s’occupe de tous les aspects de l’être humain tout en privilégiant, bien sûr, l’irrationalité; puisque cette dernière était négligée par les philosophes modernes. Comme cela, elle chasse les idoles de la modernité en démystifiant la raison. Celle-ci était considérée par les philosophes modernes comme la seule dimension importante que l’homme possède et qui devrait compter pour lui.

Néanmoins, malgré la différence qui existe entre la philosophie moderne et la philosophie contemporaine, il y a toutefois une complémentarité. Ce qui nous porte à affirmer que la philosophie contemporaine n’a pas vu le jour pour abolir les effets de la philosophie moderne mais pour les accomplir, les apporter de la lumière. Etant donné que toute  philosophie avait une faiblesse, laquelle lui empêchant d’atteindre pleinement son objectif, la philosophie contemporaine n’a-t-elle pas aussi ses faiblesses?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIBLIOGRAPHIE

CHATELET François, La philosophie de Galillée à Jean Jacques Rousseau, T.2, Marabout, 1983

CLÉMENT Élisabeth – al., La philosophie de A à Z, Hatier, Paris, 1994

CUERRIER Jacques, L’être humain, McGraw-Hill, Montréal, 1995

FERRY  Luc, Apprendre à vivre, Plon, 2006

J.KING  Peter, Un guide des plus grands penseurs de l'humanité, Le Pré au Clercs, Montréal, 2005

VERGELY Bertrand, les philosophes contemporains, Milan, 2004

VERGELY Bertrand, Les philosophes modernes, Milan, 1997

VERNEAUX Roger, Histoire de la philosophie contemporaine, Beauchesne et ses fils, Paris, 1960

VERNEAUX  Roger, Histoire de la philosophie moderne,  Beauchesne et ses fils, Paris, 1963

Révérend père FRANCIS Evens, notes de cours de philosophie contemporaine, 2011

Révérend père GERMEIL Castel, notes de cours de philosophie moderne, 2010-2011

http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophie#Philosophie_contemporaine, 17 juin 2011

 



[1]BERTRAND VERGELY, LES PHILOSOPHES MODERNES, Milan, 1997,  P.5

[2] OP. cit. p.6

[3] Ibid.

[4]  Élisabeth Clément – al., La philosophie de A à Z, Hatier, Paris, 1994, p. 231

Par manooly10
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