Jeudi 2 juin 4 02 /06 /Juin 05:37

 

Plan

 

 

 

     I. Introduction

       II. Développement 

        1. Définition et objet de la Philosophie 

        2.  Définition et objet de la Théologie

           B.1- Sa définition classique

           B.2- Sa définition recentre

           B.3- Sa naissance

         C. Rapport entre la Philosophie et la Théologie

         D. Relation entre la foi et la raison

        E. Synthèse

        F. Analyse et commentaire personnel

     III. Conclusion

 

 

 

 

En voyant tout ce qui existe, l’homme s’étonne, c’est ainsi qu’est né la Philosophie qui a pour objectif d’aller à la recherche de toutes choses, de leurs compréhensions afin de trouver la vérité. C’est une discipline qui veut expliquer la totalité des choses, c’est-à-dire toute la réalité et non une partie, mais une explication purement rationnelle selon l’argument de la raison. Comme dit Aristote, son origine se trouve dans l’étonnement face à ce qu’on ne connait pas et elle est l’effort pour se libérer de l’ignorance. Il y a aussi la théologie, une science qui étudie Dieu, elle est né de l’étonnement du croyant en constatant d’être capable de croire dans la révélation de Dieu, elle est l’initiative de la foi qui se met à la recherche de la raison. Elle est aussi un effort rationnel de l’homme qui nait de la relation entre foi et la pensée de l’homme. Il est extrêmement important et nécessaire d’utiliser les yeux de la raison dans la Théologie pour pouvoir mieux comprendre la révélation de Dieu par le biais de sa parole. De même, il est aussi nécessaire d’utiliser les yeux de la foi dans la philosophie pour que nos raisonnements soient bien fondés. En appuyant sur ces approches, comment pouvons-nous analyser et commenter cette affirmation de réciprocité ou d’interdépendance entre la Philosophie et la Théologie?       

  « La Philosophie doit rendre un peu de raison à la Théologie et la Théologie doit rendre un peu de foi à la Philosophie ». Une telle analyse en profondeur de ces deux termes philosophiques et théologiques nous permettra d’exposer notre approbation sur la question posée.

 

 

  1. A.    Définition et objet de la philosophie.

La Philosophie comme étant la mère de toutes les sciences, vient de deux mots grecs : philos qui signifie ami ou amour et logos qui signifie études, discours. Elle se définit comme l’ami ou l’amour de la sagesse. Cette définition n’est pas toujours valable pour beaucoup de philosophes, tout dépend de leurs conceptions, de leurs appartenances et de leurs expériences vis-à-vis de la réalité. C’est dans ce sens que chaque philosophe tente de donner sa propre définition à la Philosophie.

Pour plus d’un, la Philosophie commence en Ionie, avec Thalès de Millet, Anaximandre, Anaximène…connus sous le nom des philosophes naturalistes par ce  qu’ils utilisèrent les éléments de la nature pour faire véhiculer leurs pensées, on les appelle aussi des philosophes présocratiques par ce qu’ils existent avant Socrate, celui avec qui, la Philosophie a atteint une certaine apogée, une certaine maturité et une certaine extension. Il est l’un des figures de la Philosophie de tous les temps. Pour lui, la recherche Philosophique doit-être un état de vie, une pratique de vie et la vérité ne doit pas être bafoué.

Platon le considère  comme une sagesse énorme, il lui campe comme le plus sage des  hommes. Aristippe de la Grèce voit en lui un vrai humaniste. Il est quelqu'un qui a su imprimer la philosophie athénienne à une nouvelle direction, il se différencie de ses prédécesseurs, parce qu'il n'enseigne pas la Philosophie de manière dogmatique et il place l’homme au centre de la réflexion philosophique. Pour lui l'homme ne peut pas mener une vie juste et heureuse s'il ne se connait pas. Et par opposition aux sophistes qui se targuaient de tout savoir, il affiche son ignorance pour que tous les sophistes et leurs partisans ne se vantent plus.

En se basant sur sa conception, nous pouvons dire que tout homme est ignorant, seul lui possède la sagesse (connaissance) par ce qu’il est conscient de sa propre ignorance, c’est en ce sens qu’il dit : «  connais-toi toi-même ».

            La Philosophie c’est un savoir qui se différencie des autres, elle est  un savoir qui ouvre une certaine manière d’aimer le savoir (connaissance) en tant que tel et de le vivre. Dit « je sais » est un acte de prétention qui bloque le progrès du savoir. Pour Socrate, un sage est celui qui vit en pensant qu’il a tout pour apprendre : « la seule chose que je sache, ce que je sais rien »[1].

Pour Platon le philosophe doit être un éclaireur qui amène à comprendre les causes du désordre social, sa philosophie est identifiée à la dialectique comprise comme « l’art de raisonner permettant de s’élever des connaissances et des réalités sensibles jusqu’aux idées ou de progresser depuis les principes jusqu’aux réalités concrètes »[2].

Pour lui, comme Socrate, l’opinion est vide de sens, elle ne traduit que l’intérêt, le désir, le caprice. Sa pensée ou sa parole est l’outil de justesse dont on mesure en faisant l’outil de l’opinion. En fait, il fait de sa parole, le seul usage qui soit conformé, ordonné et harmonisé les  rapports entre les hommes tout en la rendant intelligibles puisé dans le sensible.  

Descartes lui-même de son côté fait penser à Nicolas de Cues, un penseur de la renaissance qui est l’un des défenseurs d’un docte ignorance, par ce que l’homme par  l’Ignorance savante, un  des œuvres de Nicolas de Cues, prend conscience de son incapacité d’atteindre l’infini, découvre les faiblesses de son savoir et cherche a en tirer des conséquences, puisque le savoir est limité par rapport à la réalité divine «  le Maximin absolument  infini est négativement infini ».

Par ailleurs, la philosophie est un apprentissage, bien qu’insuffisant en soi-même, elle est indispensable à la connaissance de tout, cela n’est pas seulement valable pour la philosophie, mais aussi pour toutes les sciences et pour toutes les activités de l’homme. Le mot philosophie signifie de même recherche la culture, étude profonde. Non seulement, elle concerne la connaissance, mais d’abord une activité intellectuelle, c’est-à-dire une activité de l’esprit et non une réception passive d’un savoir déjà constitué.

Cependant, celui qui dit qu’il est philosophe, il n’accepterait pas d’interroger tous les dogmes et tous les préjugés n’est sans doute pas digne de ce nom. Puisque la Philosophie possède aussi une finalité morale et pratique, elle est un art de vivre, et le philosophe qui vit selon la raison s’efforce de vivre en sage et de le suivre bien pour atteindre le bonheur. La  Philosophie consiste à cultiver nos facultés morales et spirituelles, elle est aussi une attitude intellectuelle, par ce qu’elle s’efforce de comprendre le monde où nous vivons et de s’interroger sur la destinée humaine. Pour cela, il faut qu’on ait l’esprit critique des opinions et des croyances, la Philosophie construit une vision rationnelle de l’action humaine et de la connaissance de la nature. D’où viennent les questions qui résument l’ensemble de la Philosophie :

                        Que dois-je faire ?

                        Que puis-je savoir?

                        Que puis-je espérer?

                        Qu’est ce que l’homme?

L’ultime but de la Philosophie c’est d’apprendre à penser, par ce qu’on ne peut pas ne pas penser et l’acte de penser c’est philosopher, c’est en sens que je tiens à dire que vivre sans philosopher c’est vivre sans réflexion sur nos actes et sur nos valeurs, et ainsi ce n’est pas vivre réellement.

Pour Descartes, c’est proprement avoir les yeux fermés sans tacher jamais de les ouvrir que de vivre sans Philosopher. Donc, Le refus où l’essence de la Philosophie entraine une vie d’ignorance, c'est-à-dire une vie que l’on passe sans en prendre conscience. En cette même lancée, vivre sans penser pour le philosophe, ce n’est pas vivre. 

L’Epicure nous relate l’importance de la Philosophie tout en nous disant : « Quand on est jeune, il ne faut pas hésiter de Philosopher. Il n’est jamais ni trop tôt ni trop tard pour prendre soin de son âme. Celui qui dit qu’il  n’a pas le temps de philosopher, ressemble à celui qui dit qu’il n’est pas encore ou qu’il n’est plus le temps d’atteindre le bonheur ». Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue c’est répondre à la question fondamentale de la Philosophie[3].

Avec Karl Marx, la Philosophie est considérée comme transformation de la société, la lutte politique occupe une grande part de son temps et de son énergie. Il est entièrement dévoué à la cause des travailleurs, il œuvre à la fondation des travailleurs internationales et il écrit près de cinq cent articles pour le New York Daily tribune et le People’s pater. Il prépare aussi de nombreux travaux sérieux en histoire et en économie (Capital, tome 1, Publié en 1867). Il est l’un des philosophes qui laisse à l’humanité une œuvre capitale dont la pensée et l’action ont marqué d’une manière décisive la fin du XIXe siècle et la majeure partie du XXe siècle. Mais, il ne faut pas oublier que presque toute la moitié de l’humanité a vécu au XXe Siècle sous l’hégémonie du régime politique qui se réclamaient (souvent injustement) de la Philosophie.

Marx transpose la Philosophie de l’histoire de Hegel en proposant une lecture de la marche de l’histoire de l’humanité fondée sur les rapports sociaux concrets qui découlent du développement des deux classes antagonistes mise en présence à une époque donnée. Sa conception de l’être humain se fonde sur la croyance implicite en la bonté naturelle de l’homme. La Philosophie marxienne propose des solutions où il accorde à la classe prolétarienne un rôle messianique, avec lui, le collectif l’emporte sur l’individuel. Sa Philosophie accorde une importance capitale au travail, qui devient en quelque sorte l’essence de l’être humain.

Le point de vue général de l’histoire de la Philosophie n’est pas abstraitement  général, mais concrètement et éminemment actuel par ce qu’il est l’esprit qui demeure éternellement au près de lui-même, on ignore le passé… L’idée est en vérité ce qui mène les peuples et Le monde.

Pourtant, pour Vladimir la Philosophie vient toujours trop tard, en tant que pensée du monde, elle apparait seulement lorsque la réalité a accomplie et terminé son processus de formation[4].

Pour Emile Chrétien, la philosophie est un discours rationnel et critique, portant principalement sur les problèmes humains fondamentaux, sur la société, sur le savoir, cela afin de mieux orienté l’action individuelle et collective[5].

Saint Thomas d’Aquin est considéré comme le grand maitre à penser de la philosophie scolastique caractérisée par l’union étroite de la Philosophie et de la Théologie. D’une manière particulière, il a subi l’influence d’Aristote dont la pensée a dominé le moyen-âge. Il a tenté de concilier la foi et la raison, d’adopter l’aristotélisme à la doctrine chrétienne. « La vérité étant une, la raison ne peut contredire la foi, et même la foi sert de la raison en lui montrant les buts vers lesquels elle doit tendre. Mais la raison doit développer son contenu en toute liberté et selon la rigueur de ses exigences propres »[6].

Avec Saint Thomas, il n’y a pas de séparation entre foi et raison, la foi doit toujours en quête de l’intelligence, il comprend Dieu comme cause de tout ce qui existe, il le présente comme le « Dissein », c’est-à-dire l’acte d’exister (être là). Pour lui, il est possible d’établir l’existence de Dieu à partir de ce que nous percevons, en remontant la série de causes de toute réalité jusqu’à la première cause qui est Dieu.

Dans l’ensemble, la Philosophie se définit comme une appréciation par la pensée, sa particularité  est de chercher à expliquer le monde par la médiation de la pensée de l’homme tout en  portant des jugements et en faisant des nobles raisonnements vis-à-vis de la réalité.  Elle n’est pas une touche à tout, mais on peut philosopher sur tout et elle est en quête d’un savoir, mais un savoir être pour le savoir.

  1. B.     Définition et objet de la Théologie.

B.1.- Sa définition classique

D’une manière étymologique le mot Théologie vient de deux mots grecs : Theos qui signifie Dieu et Logos qui signifie discours, étude, la Théologie est donc une étude qui porte sur Dieu. L’usage de ce mot est tout à fait différent aujourd’hui par rapport à ce qui était au par avant. Maintenant, essayons d’illustrer quelques exemples afin de voir ces différentiations d’une époque à une autre, d’un auteur à un autre.

a)      Chez les grecs, elle s’applique aux récits méthodologiques, les théologiens étaient des poètes, tels qu’Homère et Hésiode qui racontent la vie des dieux. On trouve cet emploie chez Platon et chez Aristote, avec qui, elle a pris un deuxième sens. La Théologie est une des trois parties de la science qui se divise ainsi : science physique, science mathématique et science théologique.

b)      Chez Origène, elle s’étend dans le sens ancien, mais y ajoute un nouveau sens : un discourt sur Dieu et le Christ.

c)      Chez Saint Augustin, il y a trois genres de Théologie : Théologie mythique, qui traite les dieux païens ; Théologie physique qui traite des astres et Théologie civile, qui traite le culte de l’empereur divinisé.

d)     Chez les scolastiques au moyen-âge, le mot théologie n’était pas employé comme aujourd’hui.

La Théologie est une discipline, où, à partie de la révélation et sous sa lumière les vérités de la religion chrétienne se trouvent interprétées, élaborées et ordonnées en corps de connaissance[7]. Elle est aussi une science par laquelle la raison du chrétien, tenant de la foi, certitude et lumière, s’efforce par la réflexion de comprendre ce qu’elle croit, c’est-à-dire les mystères révélés avec leurs conséquences[8].

Selon Edward Schillebeeckx, la foi chrétienne est vécue dans une réflexion humaine et d’après Karl Rahner, l’exposé et l’explication claire et méthodologique de la révélation divine reçue et comprise dans la foi.

                  3.1. Sa définition récente

La Théologie reste à tout ce qui appartient à la réalité humaine, elle est ouverte aux autres sciences et elle a aussi une étude qui, par la participation à une foi religieuse et par la réflexion sur elle, cherche à exprimer le contenu de cette foi dans le langage le plus claire et le plus cohérent[9].

3.2   Naissance de la théologie.

De même qu’à la Philosophie, la Théologie selon Yves Congar nait et vit d’un effort de l’homme pour penser et exprimer sa foi selon le monde de la raison. La Théologie représente comme la pierre de touche dans l’expérience  de l’homme, par ce qu’elle comporte le désir de le comprendre, de saisir ce qui se dépasse la réalité sensible de l’existence et le sens du sacré qu’il éprouve. Cet effort de l’homme est tendu d’une part à l’unité et d’autre part à la cohérence. D’où vienne l’origine de toute réflexion organisée sur le sacré.

Tandis qu’à la lumière de la foi, qui ayant pour objet la Théologie, nous disons davantage : comme le déclare Saint Augustin, Dieu a écrit deux livres : « la création et Bible ». La sagesse de Dieu est présente  dans la réalité créée et il appartient à l’homme, par la réflexion de la dégager : alors, il y a « révélation naturelle ». D’autre part, la pensée de Dieu qu’exprime sa parole est présente en nous par la foi, don de Dieu. Par la foi et dans la foi nous essayons de comprendre cette parole de nous ouvrir complètement à l’action de Dieu, à son projet avec l’humanité et avec chacun de nous.

Pour Saint Augustin, Dieu est vérité suprême. Quand l’homme accède à la vérité, il est capable d’appréhender Dieu, de le trouver. Par conséquent, la démonstration de l’existence, de la certitude et de la vérité coïncide avec la démonstration de l’existence de Dieu.

La Théologie étant une science qui se porte sur Dieu, en elle, Dieu se révèle comme salut de l’être humain et qui est dans la foi, le Dieu qui se révèle est sans doute mystère, c’est-à-dire une réalité qui nous dépasse. Mais, cette réalité n’est pas inaccessible à l’intelligence humaine. Dieu se révèle, parle à l’homme, se dévoile suffisamment pour que nous puissions le connaitre et établir des relations personnelles avec lui. L’homme possède donc la capacité de réfléchir sur cet acte de la révélation et sur ce Dieu qui se manifeste à lui comme le sens ultime de sa vie, de son existence et organiser sa réflexion de façon méthodique et systématique.

Généralement, la Théologie est une réflexion sur la foi, elle ne réfléchit pas sur la foi individuelle, mais sur la foi de l’Eglise : la foi qui est une cause, c’est la foi de la communauté.

    4. Rapport entre la philosophie et la Théologie.

Comme dit Saint Thomas d’Aquin, « la Philosophie est la servante de la Théologie », c'est-à-dire ces deux disciplines sont complémentaires, si on reste seulement dans  la Philosophie on est seulement dans le rationalisme qui nous exige à nier la Théologie, et si on reste seulement dans la Théologie on est dans le fidéisme qui nous exige à nier la Philosophie.

De toute façon, pour qu’il y ait l’équilibre, il faut que la Philosophie touche de près la Théologie. En effet, la foi constitue l’objet de la Théologie qui concerne ainsi que la Philosophie : « le Dieu, l’homme et le monde ». La Philosophie traite des mêmes sujets, à la lumière de la raison. Même si dans l’histoire de l’Eglise primitive, il y a des écrivains qui ridiculisèrent  les philosophes, tels que  Tatien et Tertullien, mais dans l’ensemble les Théologiens se servent de la Philosophie. Aujourd’hui encore, les philosophes et même les hommes de sciences exercent une grande influence chez certains Théologiens. Avec Saint Augustin, un des représentants de l’école patristique, la philosophie s’unit avec la Théologie dans l’objectif de concilier l’amour de Dieu à l’homme.

 

La Théologie possède une ouverture et une spécificité qui lui permet d’exister comme science de la foi, de même que, la philosophie, elle travaille en quête de la vérité, mais sur celle de Dieu. Elle est comme le miroir dans lequel se reflète la culture des peuples, sous l’impulsion de ses exigences. Elle évolue en harmonie avec la foi qui fait partie de l’évangélisation de la culture  que Paul VI a indiquée comme l’un des objectifs fondamentaux de l’évangélisation[10].

Selon l’avis de Jacques Maritain, la Philosophie est la plus haute des sciences humaines, c’est-à-dire des sciences qui connaissent les choses par la lumière naturelle de la raison. La Théologie qui est la science de Dieu, est évidemment plus haute que les Sciences humaines, parce qu’elle dépasse l’immanence pour monter à la transcendance. Avec elle, nous pouvons naturellement acquérir par les forces de la raison, et qui fait connaitre par le moyen des créatures, comme auteur de l’ordre naturel, est une science philosophique. Il  y a aussi la Théologie naturelle ou Théodicée qu’est la partie la plus élevée de la métaphysique. Donc, cette science de Dieu n’est pas tout à fait suffisante sans l’intervention de la raison qui représente aussi la voie pour accéder à la révélation de Dieu.

En outre, la Théologie fondamentale devra s’employer à justifier et à expliciter la relation entre la réflexion théologique et la réflexion philosophique. Le concile Vatican I attire l’attention sur le fait qu’il existe des vérités naturelles et philosophiques. Sa connaissance constitue un présupposé nécessaire pour accueillir la révélation de Dieu. Quand nous étudions la révélation et sa crédibilité de manière conjointe à l’acte de foi, La Théologie fondamentale devra montrer comment, à la lumière de la connaissance par la foi, apparaissent certaines vérités de la raison ont saisies dans une démarche autonome de recherche. La révélation confère à ces vérités une plénitude de sens tout en les orientant vers la recherche du mystère révélé, dans lequel elle trouve leur fin ultime. Alors, il suffit de penser par exemple à la connaissance de sa crédibilité, à l’aptitude du langage humain à exprimer de manière significative et vraie même ce que dépasse toute expérience humaine. A travers toutes vérités, l’esprit est conduit à reconnaitre l’existence d’une voie réellement propédeutique de la foi, qui peut aboutir à l’accueil de la révélation sans opposer en rien à ces principes propres et à son autonome spécificité[11].

Avec Saint Thomas d’Aquin, la Théologie se considère comme un savoir et non comme une recherche personnelle  de salut comme l’avaient fait ses devanciers. Cependant, ses recherches sont pleinement religieuses, car, il subalterne par la foi : à la science de Dieu. Pour lui, la Théologie est une science de la parole de Dieu révélée. En ce sens,  il réalise que tout vient de Dieu et tout va de lui, tel que : Philosophie, Apologétique, commentaire de l’écriture d’Aristote. C’est un génie spéculatif, car il réalise également une œuvre d’information positive. Au sein de la « somme théologique », il élabore un plan de ceux qui viennent des choses de l’existence où il distingue la réalité absolue incréée des réalités créées.

De plus, il a réalisé une synthèse de  connaissances de son époque d’une manière scientifique et chrétienne, il accueille les apports du monde ancien et annonce le monde moderne par son approche analytique et critique et il enseigne à distinguer pour unir tout en hiérarchisant[12].

 

  1. C.    Origine de la foi et de la raison

Avec Saint Anselme, la Philosophie scolastique a connu un certain essor, car deux idées maitresses rentrent en ligne de compte au sujet de la foi et de la raison qui, premièrement indique que la pensée humaine doit nécessairement œuvrer à partir de ce qui est révélé dans la Bible, c’est là qu’on a commencé à questionner l’objet de la foi, secondement, à partir de la preuve de l’existence de Dieu qu’on a commencé à  questionner sur l’objet de la raison.

 

  1. D.    Relation entre la raison et la foi.

D’après Fides et Ratio du bon pape Jean Paul II, la foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’enlever vers la contemplation de Dieu. Aujourd’hui encore, la voie d’un rapport parfait de la foi et de la raison est ouverte grâce aux efforts de l’homme qui suscitent à entreprendre des nouvelles perspectives.

Selon la conception augustinienne des rapports entre foi et raison, deux maximes rentrent en ligne de compte : « Credo ut inteligas et intelige ut credas ». Pour Saint Augustin, la foi est comme une lumière qui guide la recherche philosophique, mais la Philosophie à un rôle prépondérant à développer, par ce qu’elle trouve force à travers ses raisonnements qui ne s’opposent pas en tant qu’elles sont toutes les deux guidés par le besoin de l’âme humaine dans l’intention de trouver la vérité. Entre la foi et la raison, il y a une convergence essentielle selon la formule de son disciple Saint Anselme de Cantorbéry où nous avons constaté que la Philosophie va à la rencontre de la Théologie afin que ses raisonnements deviennent  plus ou moins authentiques  dans l’exercice de ses fonctions, ainsi que la Théologie ne peut pas chevaucher  sans l’aide de la Philosophie pour que la foi qu’elle véhicule aux hommes ne tombe pas seulement dans le fidéisme. Il a institué  aussi la foi et la raison où il subordonne leur recherche vice-versa. C’est une formule qui trouve son origine en Isaïe 7,9 dans la version grecque de la septante : « si on n’a pas la foi, on ne peut rien comprendre ». Dans la trinité, il écrit, la foi cherche, l’intelligence trouve.

Pour la Théologie scolastique dont son fondateur est Jean Scott Erigène, le rôle éduqué par la Philosophie devient encore plus considérable, sous l’empire de l’interprétation anselmienne d’intellectus fidei. Pour Saint Anselme de Cantorbéry, la priorité de la foi ne s’oppose pas à la recherche propre de la raison. En effet, celle-ci n’est pas appelée à exprimer un jugement sur le contenu de la foi, elle serait incapable parce qu’elle n’est pas tout a fait apte a cela. Sa tache est plutôt de savoir trouver un sens de découvrir des raisons permettant à tous de parvenir à une certaine intelligence du contenu de la foi. Donc, Saint Anselme met en exergue le fait que l’intellect doit se mettre à la recherche de ce qu’il aime : plus il aime, plus il désire de connaitre. Celui qui vit pour la vérité est tendu vers une forme connaissance qui s’enflamme toujours davantage d’amour parce qu’il connait, tout en devant admettre qu’il n’a pas encore fait tout ce qu’il désirait : « J’ai été fait te voir et je n’ai pas encore fait pour quoi j’ai été ». (Ad te videndum et nondum feci proter quod factus sum).[13]

Le désir de trouver la vérité pousse la raison à aller toujours au-delà : elle est comme accablée de constater qu’elle a une capacité toujours plus grande que ce qu’elle appréhende. A ce point, toutefois la raison est en mesure de découvrir l’accomplissement de son chemin : «  car j’estime qu’il doit suffire à qui recherche une chose incompréhensible de parvenant en raisonnement à connaitre ce qu’elle est plus que certainement, même s’il ne peut, par son intelligence, pénétrer comment elle est de la sorte ».

La foi est chez Saint Augustin un critère d’évaluation pour la Philosophie. Y-a- t-il du fidéisme  chez lui ? Nous répondons non, il est très loin de tout fidéisme qui est toujours une forme d’irrationalisme. La foi ne remplace pas l’intelligence et ne l’élimine pas, au contraire la foi stimule l’intelligence et le surélève. La foi, c’est un « cogitare cum ascensione », c’est-à-dire un mode de penser qui adhère à la réflexion philosophique, pour cela, sans la pensée, la foi ne saurait se dire. Et de façon analogue, l’intelligence de son côté n’élimine pas la foi, mais la reforme et dans certains sens la clarifie.

L’harmonie fondamentale de la connaissance philosophique et de la connaissance de la foi est confirmée par le fait que la foi demande que son objet soit compris à l’aide de la raison ; la raison au sommet de la recherche admet comme nécessaire ce que présente la foi. Plus radicalement, Saint Thomas reconnait que la nature, objet propre de la philosophie, peut contribuer à la compréhension de la révélation divine. La foi ne craint donc pas la raison, mais elle cherche et se fie. De même que la grâce perfectionne la raison. Cette dernière, éclairée ainsi par la foi, est libérée des fragilités et des limites qui proviennent de la désobéissance du péché, et elle trouve la force nécessaire pour s’élever juste à la connaissance du mystère de Dieu Un et Trine. Tout en soulignant, avec force, le caractère surnaturel de la foi, le docteur Angélique  (Saint Thomas d’Aquin) n’a pas oublié la valeur de sa rationalité ; il a su au contraire creuser plus profondément et préciser le sens de cette rationalité. En effet, la foi est en quelque sorte exercice de la pensée, la raison de l’homme n’est ni anéantie ni humiliée lorsqu’elle donne son assentiment au contenu de la foi ; celui-ci est toujours atteint par un choix libre et conscient[14].

De plus, Origène est considéré comme le premier à mettre  au service de la théologie. La recherche de la vérité sur Dieu, l’homme et le monde est une exigence métaphysique qui émane de la raison et qui tend vers un absolu pour se dépasser tout en revendiquant la foi. Foi et Raison poursuivent donc un même objectif qui est la recherche de la vérité de l’être. Ce qui nous porte à dire que la démarche philosophique, loin d’être incompatible avec la foi, est exigé par la révélation elle-même. Ce souci de la vérité objective explique la grande finalité de l’homme qui est naturellement philosophe, la parole de Dieu s’adresse à lui en tout temps sur toute la terre. La Théologie pour sa part, élabore des réflexions scientifiques de l’intelligence de cette parole à la lumière de la foi, ne peut pas s’abstenir d’entrer en relation avec la Philosophie élaborée effectivement tout au long de l’histoire.

 

5. Synthèse

Arrivant jusqu’ici, nous avons constaté les liens qui existent entre la philosophie et la théologie ; entre la foi et la raison, sont devenues possibles grâce à l’existence de l’homme, et occupent une place très importante dans sa vie. Comme dit Saint Thomas, la Philosophie est la servante de la Théologie, ce qui veut dire que sans une Philosophie bien élaborée, on ne peut pas arriver à bien aborder et bien cerner la Théologie. De même que la raison est l’instrument de la foi, la foi est aussi l’instrument de la raison. La foi présuppose aussi la philosophie, la raison possède une rationalité de présenter les éléments de la doctrine et aussi, la foi éduque la Philosophie, de même que la Philosophie apporte des éléments nécessaire à la foi. A présent, la foi et la raison ont le même objectif qui n’est donc que la recherche de la vérité sur l’être. 

A vrai dire, dans le rapport entre foi et raison chaque niveau joue un rôle modérateur et critique. De ce fait, la foi est là pour éclairer et purifier la raison. Elle l’encourage et la motive dans une voie pour que l’une ne contredise pas l’autre. La Théologie est une réflexion systématique, elle a besoin de la Philosophie pour vérifier l’intelligence de la vérité du dogme. D’où, la Philosophie aide la foi à vérifier sa révélation tout en appliquant sa rationalité. Alors, lorsqu’on dit que la Philosophie est la servante de la foi, c’est par ce qu’elle est un support pour la foi, et sans elle on est dans le pur fidéisme. Selon le pape BENOIT  XVI dans son encyclique, il nous dit : «  la raison sans la foi est destinée à se perdre dans l'illusion de sa puissance, la foi sans la raison risque de devenir étrangère à la vie concrète des personnes »[15].

                                                                                                            

 7Analyse et commentaire personnelle.

     Après avoir étalé quelques points de vue de certains auteurs philosophes et théologiens sur la relation qui existe entre foi et raison et encore entre Philosophie et Théologie, bien que ce soit un apport d’interdépendance, nous avons découvert, grâce à la lumière de la foi, la raison peut arriver à atteinte la connaissance de Dieu. Elle l’aide à l’affermir pour ne tomber dans le fidéisme, c’est-à-dire dans l’incohérence de la présentation du mystère qui a besoin d’une certaine rationalité. Le point de vue de l’Eglise, et les exégèses sur la relation entre la foi et la raison, on peut remarquer que les philosophes et théologiens ont vraiment réfléchi sur le rôle de la Philosophie pour donner un peu de raison à la Théologie et la Théologie un peu de foi à la Philosophie. La Philosophie apporte en quelque sorte sa contribution originale à la Théologie quand elle considère la structure de la connaissance et de la communication personnelle, en particulier, les formes et les fonctions variées du langage.  

Dans le but de comprendre la tradition ecclésiale d’une manière plus cohérente, les énoncés du magistère et des sentences des grands maitres de la Théologie, l’apport de la Philosophie est tout aussi important, par ce que, en effet, ces différents éléments s’expriment avec des concepts et sous des formes de pensées empruntés à une tradition philosophique déterminée. 

 

 

         

 

 

 

 

 

 

                En somme, La foi et la raison représentent deux outils essentiels pour que l’homme se réalise à travers de sa vie spirituelle et rationnelle.  Ainsi donc, il convient de mettre en facteurs les différentes approches faites des auteurs philosophes et théologiens qui travaillent pour l’harmonisation du comportement humain face à la foi et la raison. Et que l’homme a pour mission de les utiliser pour l’épanouissement de sa vie. L’harmonie fondamentale de la connaissance philosophique et de la connaissance théologique est confirmée une foi encore avec la foi qui demande la compréhension de son objet à l’idée de la raison ; la raison au sommet de sa recherche admet comme nécessaire ce que présente la foi. La foi et la raison font la dignité de la personne humaine, elles l’aident à s’orienter vers la perfection. L’étude du sujet nous montre l’importance de la Philosophie qui fournit à l’homme des brins de raisonnement vis-à-vis de la réalité et la Théologie qui fournit la foi dans le cheminement de la vie de l’homme. La Philosophie et la Théologie sont deux domaines formellement distincts, mais qui ne doivent se contredire (saint Thomas). La Théologie est une science qui argumente sur Dieu, elle part de Dieu pour descendre à sa considération des créatures par rapport à lui. De même, la philosophie argumente sur Dieu, mais aussi sur toute la réalité, c’est-à-dire à tout ce que Dieu à créer. 

 

                                                       

 

 



[1] Bertrand Vergely, La Philosophie, Les essentielles de Millan, une collection accessible à tous, 1995, P.9

[2]Cf.  H. MONCY, Introduction à  la philosophie et à la Psychologie, Notions et textes, 3e édition, Port-au –prince,   1992, p.8. 

[3] Albert CAMUS, Le mythe de Sisyphe, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la pléiade, 1965, P.99

[4] Vladimir Grigorieff, Philo de base, Marabout, 1983 (Belgique), P.257-258.

[5] Emile CHRETIEN, Le Québec philosophique, Montréal, 1991, P.3, Reproduit avec la permission de Chenélienne.

[6] Ibidem,  P.15.

[7] Yves M.J Congar, Dictionnaire de Théologie catholique, Col. 341-502, tome XV, première partie, Paris, Letouzey et Ane, 1946.

[8] Idem, la foi et la Théologie, P.127, Desclée, 1962

[9] Cf. John Macquerie, Principles of chritian theology, Deuxième édition, P.1, Définition traduite en français

[10] Paul VI, Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, 8 décembre 1975 #20.

[11] Constitution dogmatique Dei  Filius, 21 avril 1870, No 4.

[12] Cf., William SMARTH, Introduction à la Théologie, Notes du cours, Port-au-Prince, 1998            

[13] -Saint Anselme, prolongions, 1, éd. M. Corbin, Paris, 1996, p. 239.

[14] Cf. Jean Paul II, discours aux participants au congrès thomiste international, 29 septembre 1990, in fides et ratio,  No43

 

[15] Benoit XVI, Caritas in veritate, Du souverain Pontife, Libreria Éditrice vaticana, 2009, P.127.

Par manooly10
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